Le 60ème Anniversaire de la Libération

      Je laisse M. Paul LETERRIER, chauffeur du scout-car n°213 (voiture de "pointe" de l'époque), et membre de l'équipage du 1er véhicule qui est entré le premier à Vandenesse pour la libérer des ennemis.
       Le 9 septembre 1944, au début de l'après-midi, le 2ème escadron du 1er régiment des fusiliers-marins de la 1ère DFL, sous la commande de Constant Colmay (chef d'escadron adjoint) reçoit l'ordre de combattre l'ennemi avec le Comte de Champeau.. Vers 17 heures, venant d'Arnay-le-Duc, nous arrivons à Vandenesse avec Tripodi (chef de voiture) où, au passage du pont, un vieillard nous signale qu'une colonne ennemie vient tout juste de passer, il y a moins de 5 minutes. Le Comte de Champeau, qui avait aidé depuis Arnay-le-Duc, refuse de descendre et revendique l'honneur de participer à l'escarmouche.
      Nous repartons en uniformes et avec du matériel américain et, à peine sortis du village, c'est l'accrochage avec les éléments rétracteurs. Des rafales de mitrailleuses crépitent de part et d'autre et aussitôt à la 12,7, le matelot Bonnières s'écroule dans un flot de sang ainsi que deux victimes civiles. Au même instant, je suis touché par des éclats de balles au cou, à la main droite et au mollet gauche. Je stoppe aussitôt et descends pour débarquer notre pauvre Bonnières, nous le déposons sur l'herbe, sur le bas côté de l'herbe. Au même endroit, une plaque commémorative fût érigée après la guerre car le matelot Bonnières était bourguignon et se réjouissait d'être presque arrivé chez lui. Les Allemands étant partis, nous repartons aussitôt.
    Le tir reprend de plus belle. Je progresse inexorablement et poursuis ma route dans le vacarme des tirs. Des corps gisent sur la route parmi les bicyclettes et dans les sous-bois, c'est un véritable massacre.
      Les survivants se rendent, nous les faisons garder sur place et nous continuons notre progression vers Commarin où les combats avec l'ennemi font rage".
    

      Suite du 60ème anniversaire